Communiqué
RHEA estime que la montée vertigineuse du FN résulte de quatre facteurs fondamentaux :
Primo, le profond discrédit qui frappe l'UMPS, dont les politiques irresponsables ont conduit le Pays au bord du désastre.
Secundo, le désastre lui-même, qui frappe le Pays dans pour ainsi dire tous les domaines, et ce de façon désormais flagrante, au point que plus personne ne s'aventure à le contester ni à le minorer, contrairement à ce qui fut longtemps le cas, et jusqu'à une date récente.
Tertio, l'incapacité du Front de Gauche à incarner une alternative crédible, alors qu'à l'occasion de l'élection présidentielle de 2012, les Français avaient placé le FDG en quatrième position avec 11% des suffrages (contre 17% pour le FN).
Depuis lors, le FDG a "brillé" par :
- Son apathie face à la trahison du PS au pouvoir (combien de manifestations pour dénoncer la politique de Hollande-Ayrault-Valls ?),
- La collusion électoraliste de certaines de ses composantes, en particulier du PCF, avec le PS, alors qu'il fallait rompre totalement avec l'UMPS afin de se poser comme une force réellement alternative, quitte à prendre le risque de payer le prix de cette rupture, en nombre d'élus, à court terme.
- Sa sclérose idéologique : incapacité de prendre à bras-le-corps, en apportant ses propres réponses qui ne sont évidemment pas celles du FN, les questions qui préoccupent les Français, en particulier la délinquance galopante, l'angélisme judiciaire, la montée de l'obscurantisme, l'immigration de masse et ses corollaires que sont la désintégration et la montée des phénomènes identitaires tous azimuts, toutes questions cruciales ayant été essentiellement édulcorées par le FDG et par conséquent abandonnées au FN qui en a fait ses choux gras.
- La division dérisoire de ses chefs (le grotesque et surtout stérile affrontement Mélenchon-Laurent ou PG-PCF) RHEA s'interroge : s'agit-il là d'une série d'erreurs du FDG, ou bien plutôt d'une stratégie consistant, en campant sur des positions de plus en plus minoritaires et déconnectées de la réalité, à occuper le créneau nécessairement limité de l'extrême-gauche, afin de ne pas marcher sur les plates-bandes du PS et de jouer, à partir de là, le rôle de rabatteur vers le PS au second tour ?
Quarto, l'habileté du FN dirigé par Marine Le Pen, puisque dans le même temps, à l'inverse du FDG, le FN n'a eu de cesse :
- De s'opposer par tous les moyens dont il dispose au PS et plus généralement à l'UMPS.
- De faire évoluer sa ligne politique afin de se dédiaboliser, en se débarrassant autant que possible des boulets idéologiques qui le condamnaient à plafonner électoralement, à savoir : le racisme, l'antisémitisme, l'ultralibéralisme.
- De faire cavalier seul aux élections, au premier comme au second tour, ce qui a permis au FN d'apparaître comme une alternative à l'UMPS, et dans les faits comme la seule alternative crédible puisque le FDG se montrait incapable d'une telle autonomie.
- De se diviser pour mieux se renforcer : l'éviction de Jean-Marie Le Pen, non dénuée de risques en interne et qui s'inscrivait dans la logique de dédiabolisation, s'étant révélée utile et éminemment payante au plan électoral.
Le résultat est là : trois ans et demi après la présidentielle de 2012, tandis que le FDG est progressivement passé de 11% à 4% (soit une perte de 7 points), le FN est progressivement passé de 17% à 28% (soit un gain de 11 points). RHEA souligne le parallélisme inversé de ces deux trajectoires.
RHEA invite le FDG, au lieu de se chercher des alibis, à se livrer dans les plus brefs délais à un examen de conscience et à prendre les mesures qui s'imposent, tant en termes d'alliances (ou de rupture d'alliances...) et de ligne de conduite électorale qu'en termes de programme politique. A défaut, le FDG ne devra pas s'étonner d'être rayé de la carte en 2017, comme c'est d'ailleurs d'ores et déjà en grande partie le cas.
Concernant le second tour des régionales :
RHEA s'amuse de la décision du PS, qui en retirant ses listes dans les régions où le FN est en positions de l'emporter, renforce du même coup le FN dans son statut de seule alternative au système UMPS, tout en démontrant la réalité de ce Système. RHEA s'amuse également de la posture de Nicolas Sarkozy qui a décidé de maintenir ses candidats au nom du refus de toute collusion avec le PS. Or si l'UMP avait retiré ses candidats arrivés en troisième position, ses électeurs auraient eu tendance, selon toute vraisemblance, à se reporter davantage sur le FN que sur le PS. On voit que le choix de Sarkozy, bien que censé démontrer que "Les Républicains" n'entrent pas dans des combines UMPS, pourrait tout aussi bien démontrer le contraire...
RHEA refuse de prendre parti entre l'UMPS et le FN, qui incarnent, chacun à sa manière, un écueil pour la France. Ecueil certain en ce qui concerne l'UMPS après des décennies de politique ayant sapé en profondeur l'autorité de l'Etat, ruiné ou détruit des pans entiers l'économie française et divisé gravement le Pays en communautés clivées. Ecueil probable d'un FN qui en conduisant au démantèlement de l'Europe, à l'abandon de l'euro, à une conception réactionnaire de la société et à une idée réductrice de la France, risque d'abîmer grandement le Pays.
Au demeurant, RHEA comprend qu'un grand nombre de Français, en désespoir de cause, préfèrent prendre le risque du FN, aussi élevé soit-il tant en matière républicaine que démocratique, plutôt que d'opter pour un status-quo en faveur d'un Système UMPS qui a démontré son caractère délétère, son mépris pour le peuple, sa soumission aux Etats-Unis et au modèle ultralibéral et antisocial d'inspiration anglo-saxonne, et sa capacité sidérante à conduire le Pays à la catastrophe.
Comme elle l'a dit dès la veille du premier tour des élections régionales, RHEA estime plus que jamais que la solution pour la France ne réside ni dans l'UMPS et ses valets, ni dans le FN et l'alternative douteuse qu'il propose, mais dans une troisième voie citoyenne, à la fois lucide sur les multiples dangers qui guettent la France et le monde, et proposant des solutions fidèles au génie français et à ses traditions politiques, républicaines, démocratiques et humanistes, c'est-à-dire à la fois fermes, généreuses et universalistes.
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