mardi 13 octobre 2015

RHEA revient sur l'affaire Morano et dénonce la collusion "tous azimuts" du Système en faveur de Charles de Gaulle


Communiqué


Tandis que la page de l'affaire Morano semble tournée, RHEA déplore, sans s'en étonner, qu'elle n'ait pas permis d'enclencher un aggiornamento historiographique pourtant nécessaire autant qu'indispensable sur le cas De Gaulle.

Touchant la citation de Charles de Gaulle au sujet de la France "de race blanche", RHEA observe que les réactions se sont partagées en deux camps :

D'une part, ceux qui ont jugé la citation du Général odieuse mais qui en ont contesté l'authenticité (de Patrick Cohen de France Inter jusqu'au journal Le Monde, en passant par Alexis Corbière du Parti de Gauche).

D'autre part, ceux qui ont admis l'authenticité de la citation mais en ont contesté le caractère odieux (d'Alain Finkielkraut à Eric Zemmour).

RHEA estime, pour sa part, que cette citation est, à la fois, odieuse et authentique.

RHEA dénonce cette collusion tous azimuts, de la droite comme de la gauche, pour constituer un cordon de protection autour de l'intouchable général de Gaulle, idole fondatrice de la Ve République. RHEA rappelle que ce régime fut fondé, en violation du mandat reçu du peuple en 1958, sur la mise en place d'un apartheid à l'échelle intercontinentale, en application des idées racistes du Général exposées, entre autres, dans la fameuse citation, au gré d'un projet politique délétère dénoncé, à l'époque, aussi bien par Claude Lévi-Strauss que par Germaine Tillion.

Si RHEA ne s'étonne pas de voir les gaullistes défendre la mémoire du Général en empêchant tout débat à son sujet, RHEA sourit de voir des personnalités prétendument du gauche défendre, elles aussi, le souvenir du "grand homme", tel Alexis Corbière, professeur d'histoire de formation, membre du Parti de Gauche et lieutenant de Jean-Luc Mélenchon, qui sur son blog a mis en doute, contre toute raison, l'authenticité de la citation.

RHEA s'amuse en particulier de cette réflexion de Daniel Schneidermann dans Rue89 : "Est-ce une phrase « raciste » ? En elle-même, en apesanteur, déconnectée de tout contexte, oui, bien entendu. Mais de Gaulle, si on va par là, ne méprise pas les musulmans davantage que les pieds-noirs, ou les généraux, ou les Français en général, ces « veaux », et sur toutes ces catégories, on en trouve de gratinées, dans le livre de Peyrefitte".

RHEA rappelle à Daniel Schneidermann, qui semble l'ignorer, que les "bougnoules" et les "nègres", selon les expressions que JR Tournoux dans La Tragédie du Général (Plon, 1967) prêtait au Général, de son vivant et en s'appuyant sur des témoignages de hautes personnalités elles aussi encore vivantes à l'époque, étaient encore moins bien lotis que les autres - Pieds-Noirs et autres "veaux" - dans l'esprit de Charles de Gaulle. A telle enseigne que celui-ci, non content d'avoir largué l'Afrique et l'Algérie afin de débarrasser la France "blanche" de ses populations basanées et/ou musulmanes, livra sciemment les Harkis et les Arabo-Berbères pro-français d'Algérie au massacre par le FLN. Bilan, selon les historiens, du massacre des Harkis et des Arabo-Berbères francophiles : entre 45.000 et 150.000 morts, peut-être davantage. Dans l'Hexagone, le même De Gaulle enferma les rares rescapés dans des camps, pour les tenir à l'écart des populations métropolitaines. Bien loin de toute "apesanteur".

RHEA souligne que le massacre des Harkis et des Arabo-Berbères francophiles d'Algérie relève d'un véritable crime contre l'humanité, âprement prémédité, au sujet duquel le président de Gaulle devrait être, au minimum, mis en examen.

Dans ce contexte d'omerta et de collusions, RHEA déplore qu'une fois de plus, le Système laisse à Marine Le Pen le monopole d'une vérité. Interrogée par Yves Thréard du Figaro au sujet de la citation du Général, la présidente du Front National a en effet répondu : " Moi, je n'ai pas de problème. Je suis en désaccord avec le général de Gaulle (...) sur cette partie de l'Histoire, car ces propos ont été tenus par le général de Gaulle pour refuser, en réalité, l'Algérie française, c'est-à-dire pour rejeter l'Algérie pour des raisons, donc, raciales, culturelles, etc."

RHEA estime que si le Système s'obstine à poursuivre dans la voie du mensonge et de la tartufferie, et qu'il laisse au Front National le soin de dire la vérité sur cette question cruciale, il ne devra pas s'étonner d'essuyer de cuisantes défaites électorales, et d'être finalement balayé.


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