lundi 27 avril 2015

Tragédie des migrants en Méditerranée : l'analyse et les réponses de RHEA

Communiqué


RHEA dénonce les responsabilités accablantes, entre autres pompiers pyromanes, de l’Union Européenne, mais aussi de l’Etat français de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, dans la vaste tragédie des migrants noyés en Méditerranée.

RHEA estime que cette abomination exige, dans les plus brefs délais, d’une part une analyse objective de la situation, et, d’autre part, des réponses concrètes et enfin courageuses autant qu’exemptes d’hypocrisie.

RHEA constate que la situation actuelle résulte d’au moins quatre facteurs :

1/ Le chaos économique, social et politique qui ravage l’Afrique depuis des décennies, dans le sillage d’une pseudo-décolonisation qui fut le tremplin du néocolonialisme. RHEA rappelle que la pseudo-décolonisation consista, pour ce qui concerne la France et ses anciennes colonies d’Afrique, non par à respecter le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à promouvoir les intérêts des populations, mais à refuser l’égalité politique et sociale aux citoyens d’Afrique, en les boutant hors de la République, en violation de la démocratie (cf. notamment l’Affaire gabonaise en 1958 et la loi 60-525 en 1960, sous la présidence de Charles de Gaulle). Les populations d’Afrique, ainsi livrées à la misère et à la tyrannie, furent et sont toujours actuellement poussées à émigrer massivement en Europe, et souvent vers l’ex-métropole française, à la recherche d’un salut qu’elles ne peuvent plus espérer chez elles.

2/ La politique d’apprenti sorcier des Etats-Unis et de leurs alliés, notamment l’Arabie Saoudite, le Qatar, mais aussi la France, qui ont tous, depuis au moins quinze ans, d’une manière ou d’une autre, contribué à déstabiliser et à plonger dans le chaos le Moyen-Orient, en particulier la Syrie et l’Irak. RHEA souligne en particulier le cynisme et les mensonges des Etats-Unis, qui, sous prétexte de lutter contre des dictatures et de promouvoir la démocratie, s’en sont pris systématiquement aux régimes laïcs du monde musulman, tout en s’alliant à des régimes dictatoriaux et théocratiques qui bafouent les droits de l’Homme, sans jamais, bien entendu, s’attaquer à ces derniers.

3/ La déstabilisation de la Libye, consécutive à la chute de Kadhafi. Celui-ci empêchait que la Libye ne devienne la plaque tournante d’une vaste immigration clandestine en direction de l’Europe. La chute de Kadhafi a été voulue par les Etats-Unis d’Obama et Hillary Clinton (qui pourtant soutiennent, à travers le monde, de nombreuses dictatures pires que celle de Kadhafi), et fut assurée par la coalition militaire conduite par Nicolas Sarkozy (France) et son ami Bernard-Henri Lévy, ainsi que David Cameron (Royaume-Uni), tous valets des Etats-Unis.

RHEA rappelle que cette opération de déstabilisation de la Libye de Kadhafi a eu lieu selon des voies illégales, au mépris du mandat qu’avait accordé l’ONU pour défendre Benghazi, mandat qui fut largement outrepassé, malgré l’opposition, au Conseil de Sécurité, de la Russie et de la Chine. Ainsi, pendant plusieurs semaines, d’intenses bombardements conduits par la coalition franco-anglo-états-unienne s’abattirent, notamment, sur Tripoli, afin de provoquer la chute de Kadhafi. Il en est résulté un basculement de la Libye dans un chaos politique et armé, dont ce malheureux pays n’est toujours pas sorti, et qui l’a transformé en point de départ d’innombrables réfugiés embarqués sur de frêles esquifs ou des navires pourris, pour le plus grand profit de réseaux mafieux, et au détriment des migrants exploités, martyrisés, noyés et parfois assassinés.

4/ La politique irresponsable de l’Union Européenne, qui en interdisant à l’Italie d’expulser les immigrés clandestins, a encouragé et encourage encore les populations extra-européennes à « tenter leur chance » au péril de leur vie, avec les conséquences catastrophiques qu’on peut constater depuis de nombreuses années, à savoir : de plus en plus de morts en Méditerranée, de plus en plus d’immigrés illégaux en Europe, et en conséquence une montée de l’extrême droite sur le continent européen, et de ses corollaires fascisants, racistes voire néo-nazis.

Pour mettre fin à cette situation délétère, RHEA prône trois mesures complémentaires.

1/ D’abord, le déploiement en Méditerranée d’un important dispositif naval et aéronaval visant à repérer et à arraisonner systématiquement tous les navires chargés de clandestins. Pour faciliter ces opérations, les navires européens doivent pouvoir croiser au plus près des côtes libyennes.

2/ Les embarcations, qu’elles soient arraisonnées au large des côtes africaines, en Méditerranée ou, pour celles qui sont parvenues à franchir les barrages, en Europe, doivent être confisquées ou détruites, et leurs passagers reconduits immédiatement et systématiquement à leur point de départ. De même, les immigrés illégaux arrêtés en Europe doivent être expulsés immédiatement.

RHEA précise que ces mesures, pour aussi pénibles qu’elles soient, sont seules à même d’endiguer efficacement, à court terme, le déferlement de migrants et la catastrophe humanitaire qui en résulte nécessairement. En effet, si les migrants continuent d’être assurés, comme c’est le cas actuellement, de ne pas être expulsés lorsqu’ils parviennent à poser le pied sur le sol européen, les migrants sont et seront dès lors encouragés à risquer leur vie pour y parvenir. Ceci est une évidence, quoi qu’en disent les Tartuffes irresponsables qui sévissent dans les hautes sphères des instances de décision européennes et dans les médias français et européens, qui sont, en dernière analyse, des alliés objectifs des réseaux mafieux et de l’extrême droite européenne.

RHEA ajoute que la doctrine infâme de l’Union Européenne, qui a cru pouvoir limiter la déferlante migratoire transméditerranéenne en laissant les migrants se noyer par centaines et par milliers, tout en faisant miroiter, ne reculant devant aucune incohérence, la possibilité pour les rescapés de se maintenir en Europe, a conduit à la situation actuelle, situation catastrophique tant pour les migrants que pour les Européens. En effet, ces derniers voient leur continent submergé par une immigration qui, d’année en année, va crescendo et, de plus en plus souvent, conteste les mœurs et modes de vie européens et refuse de s’y plier. Ce phénomène accélère la montée des mouvements « identitaires » européens, gros de dangers pour l’avenir de l’Europe.

RHEA souligne en particulier qu’un demi-siècle de politique irresponsable de la part de l’Etat français a conduit à ces impasses économiques, sociales et idéologiques. Cette politique irresponsable de l’Etat français, et plus généralement de l’Union européenne, impose aujourd’hui le recours à des mesures drastiques et déplorables qu’une politique humaniste et responsable aurait permis d’éviter. C’est précisément cette politique humaniste et responsable qui constitue le troisième volet de mesures prônées par RHEA, car il n’est jamais trop tard pour bien faire, même si beaucoup de temps a été perdu.

3/ Un vaste programme de développement de l’Afrique doit être lancé dans les plus brefs délais, afin que cesse au plus vite la situation désastreuse en termes économiques, sociaux et politiques, qui ravage l’Afrique et pousse ses populations à l’exil en direction de l’Europe. Ce programme doit bénéficier d’un financement par l’Union Européenne et la Banque Centrale Européenne, à hauteur de centaines de milliards d’euros, essentiellement en nature, en particulier dans les domaines suivants : écoles publiques gratuites pour tous les enfants (filles et garçons), sécurité sociale et déploiement de services de santé gratuite, infrastructures nécessaires pour ces différents services, mais aussi, notamment, routières.

RHEA se réjouit que des personnalités de droite comme de gauche prônent avec véhémence, depuis quelques jours ou quelques semaines, un « Plan Marshall » pour l’Afrique.

RHEA souligne toutefois qu’un tel « Plan Marshall » n’aura de chance de succès que s’il fait l’objet d’un contrôle strict des capitaux investis, ce qui suppose préalablement la mise en place d’accords politiques étroits et rigoureux entre l’Europe et les pays bénéficiaires dudit plan de développement. En effet, le passé a largement démontré l’ampleur des détournements dont ce genre de plan pouvait faire l’objet.

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