mercredi 17 juin 2015

RHEA dénonce l’aggravation de la crise des migrants, condamne l’indigence du discours de Manuel Valls à Mayotte et rappelle l’Histoire



Communiqué


RHEA constate qu’à l’heure qu’il est, aucune réponse valable n’est apportée à la crise des migrants de Méditerranée. Pourtant, cette question se pose depuis de nombreuses années et depuis des mois de façon accrue. 

RHEA déplore les situations inacceptables et aberrantes auxquelles se trouvent confrontés de nombreux migrants mais aussi, de plus en plus souvent, les populations européennes qui pâtissent également de cette situation, à Paris aussi bien qu’à Calais ou, à présent, à Vintimille, du fait de la politique irresponsable et pousse-au-crime de l’Union Européenne. 

Ainsi, au moment même où Bernard Cazeneuve promet la création, d’ici 2016, de 10.000 places d’hébergement en faveur des migrants, on apprend par la mairie de Nanterre qu’une trentaine de sans-abris ont été jetés à la rue pour céder la place à des migrants de La Chapelle. 

RHEA estime qu’au regard de la vague migratoire en cours, les mesures annoncées par le ministre de l’Intérieur sont évidemment insuffisantes, puisqu’elles ne permettront de traiter que très partiellement les conséquences du problème au lieu de s’attaquer à ses causes.



RHEA rappelle les solutions déjà énoncées dans son communiqué du 27 avril 2015 : arraisonnement et confiscation des embarcations au plus près des côtes africaines et raccompagnement des migrants à leur point de départ, expulsion systématique des clandestins arrêtés en Europe, et surtout déploiement d’un vaste programme de développement en faveur de l’Afrique financé par l’Union Européenne, en particulier par la Banque centrale (BCE).


RHEA ajoute que l'ONU dispose de tous les pouvoirs et moyens nécessaires pour trouver des solutions d'hébergement d'urgence sur le territoire africain ou au Moyen-Orient. Plus d'une fois dans l'histoire, notamment lors de la guerre au Mali, les pays voisins ont consentis à accueillir sur leur sol des camps de réfugiés en complément des autres moyens mis en oeuvre pour que cesse la guerre.

RHEA souligne que de si de nombreux migrants sont originaires du Moyen-Orient et de la corne de l'Afrique, beaucoup viennent aussi de l’ex-Afrique française. RHEA insiste, une fois de plus, sur la nécessité d’un aggiornamento historiographique sur la question de la prétendue « décolonisation » survenue il y a un demi-siècle. En effet, sous couvert de « décolonisation », les « indépendances » africaines furent en réalité le tremplin du néocolonialisme et consistèrent en la mise en place d’un apartheid intercontinental voulus et pensés comme tels par Charles de Gaulle et ses alliés, notamment états-uniens. Il en résulta un abaissement catastrophique des anciens territoires africains de la France, et la plongée de leur population dans de très graves régressions politiques, économiques et sociales, dont l’immigration massive que connaissent l’Europe et la France depuis des décennies est largement tributaire.

RHEA dénonce la complicité de toute la classe politique française avec la vaste imposture politique et historique de la prétendue « décolonisation », y compris celle de Marine Le Pen. Interrogée le 14 juin 2015 par Apolline de Malherbe sur BFMTV au sujet d’un migrant guinéen à la frontière franco-italienne qui déclarait : « Moi je veux rentrer en France, parce que c’est mon pays la France », la présidente du Front National, a répondu : «  On lui dit que non, son pays ce n’est pas la France. » RHEA condamne cette affirmation de Marine Le Pen, les choses étant nettement plus compliquées. Comme tous les leaders politiques français, la présidente du Front National (FN) sait pertinemment, ou devrait savoir, que les Africains des territoires français d'Afrique, qui étaient selon la constitution de la IVe République citoyens français depuis 1946, se virent imposer l’indépendance par Charles de Gaulle entre 1958 et 1962, selon des voies antidémocratiques, notamment par le biais de la loi 60-525, particulièrement méconnue, votée à l’époque au prix d’une quadruple violation de la constitution.

RHEA rappelle que la Guinée de Sékou Touré, dont le migrant cité par BFMTV est présenté comme originaire, a été acculée à l’indépendance par Charles de Gaulle dès 1958. Le leader guinéen dénonçait à juste titre, à l’époque, la Communauté française proposée par Charles de Gaulle comme inacceptable car antidémocratique. Dans son discours de Conakry (août 1958), systématiquement déformé par l’historiographie officielle, Sékou Touré prônait l’unité franco-africaine dans un cadre confédéral, proposant de mettre en commun la monnaie, les affaires étrangères, la défense et l’enseignement supérieur. Charles de Gaulle saisit ce prétexte pour acculer la Guinée à l’indépendance, comme il le fit, toujours au nom de motifs financiers et surtout civilisationnels, un an et demi plus tard, en 1960, pour tous les autres territoires africains de la France, et en 1962 pour l’Algérie.

RHEA précise qu’elle s’oppose à l’immigration et prône l’expulsion systématique des clandestins, non parce que ceux-ci ne sont pas français, puisque malgré les indépendances beaucoup sont français à ses yeux, mais parce que la situation provoquée par l’immigration de masse en Europe, en particulier en France, est devenue explosive sur de nombreux plans. RHEA ajoute que si, demain, une immigration de masse de ressortissants français venus de la province française venait à déferler sur Paris ou l’Île-de-France, il serait du devoir du gouvernement de s’y opposer sans faiblesse, de la même façon.

Terre d’immigration massive, Mayotte reproduit en miniature la situation de la métropole face à ses anciennes colonies d’Afrique. Le 101e département français a reçu la visite, la semaine dernière, de Manuel Valls. 

RHEA dénonce l’indigence du discours du Premier ministre à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte. Manuel Valls s’est borné à des réflexions convenues et à l'énoncé de truismes, et à limité ses propositions à des mesurettes incapables de régler quoi que ce soit.

Confronté à la pression et au ras-le-bol populaires, le Premier ministre a été contraint de dénoncer l’immigration de masse qui frappe l’île depuis de nombreuses années, et s’est déclaré décidé à endiguer ce phénomène. C’est une plate évidence que l’endiguement de l’immigration à Mayotte est une nécessité comme elle l’est en métropole. Mais encore faudrait-il, pour espérer résoudre ce problème, le poser convenablement, ce que n’a pas fait le Premier ministre.

Aucun territoire ne peut supporter une immigration telle que celle que connaît Mayotte : l’île compte actuellement 80.000 illégaux sur une population de 212.000 habitants. Découlent de cette situation une misère et une insécurité galopantes, ainsi qu’un engorgement des services publics, en particulier les maternités et les hôpitaux, ce que ne supportent plus les Mahorais, à l’instar de leurs compatriotes métropolitains confrontés à des problématiques analogues. Pour mémoire, entre 1975, date de l’indépendance des trois autres îles qui composent l’archipel des Comores, et 2015, la population de Mayotte est passée de 45.000 à 212.000 habitants. Le poids démographique de Mayotte a donc presque quintuplé en quarante ans, conduisant cette petite île (376 km2) à un surpeuplement évident, puisque la densité y atteint aujourd’hui 566 habitants par kilomètre carré, contre moins de 100 en métropole.

RHEA dénonce les carences du discours de Manuel Valls, qui a passé sous silence, comme avant lui François Hollande lors de son voyage à Mayotte en août 2014, un élément historique majeur. Anjouan et Mohéli, îles composant avec Grande-Comore la République fédérale des Comores, sont les principales pourvoyeuses de l’immigration à Mayotte. Or ces deux îles, Anjouan et Mohéli, ont proclamé leur sécession de la République des Comores en 1997, et proclamé dans la foulée leur rattachement à la France, dans le cadre d’un soulèvement, certains disent d’une révolution, contre l’Etat central. Ce rattachement n’a jamais été reconnu par l’Etat français (dirigé à l’époque par Jacques Chirac et Lionel Jospin). Depuis, contraintes, par la force, de réintégrer la république des Comores devenue fédérale, Anjouan et Mohéli, où la misère et le dénuement se sont encore accrus, vivent les yeux rivés vers la France, c’est-à-dire localement sur Mayotte.

RHEA estime que le seul moyen d’endiguer efficacement l’immigration en provenance d’Anjouan et de Mohéli consiste à doter ces deux territoires des services que les migrants viennent chercher à Mayotte faute de les trouver chez eux : hôpitaux, maternités, écoles et infrastructures diverses, toutes conditions d’un développement économique et social digne de ce nom.

RHEA estime que ce défi est parfaitement à la portée de la France, puisque ces deux îles, qui furent françaises jusqu’en 1975, comptent respectivement 250.000 habitants pour Anjouan, et 35.000 habitants pour Mohéli, soit, au total, la population d’une grande ville de métropole.

RHEA exige que le gouvernement français entame immédiatement des pourparlers avec l’Etat comorien et avec les autorités anjouanaises et mohéliennes, de sorte que ce plan puisse, dans l’intérêt de tous, être lancé au plus vite, et permette de résoudre dans les plus brefs délais les problèmes liés à l’immigration massive à Mayotte.

Bien entendu, si les Anjouanais et les Mohéliens souhaitent toujours leur rattachement à la France, cette question doit être abordée sans hypocrisie par le gouvernement français, et des discussions fraternellement ouvertes, et dans un respect mutuel, avec le gouvernement comorien, afin que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, tel que défini dans l’article 1 de la Charte des Nations Unies, puisse librement s’exercer, conformément aux principes démocratiques que proclament la République française comme la République des Comores.Dans l’intérêt économique, social et culturel de tout l’archipel des Comores, dont Mayotte, comme Grande-Comore, Anjouan, Mohéli, fait évidemment partie, de même que Mayotte fait partie intégrante de la France, dont elle constitue le 101e département.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire