mardi 2 juin 2015

RHEA condamne le discours du Panthéon de François Hollande



Communiqué


RHEA estime indispensable de dénoncer avec force, comme l'ont fait de nombreux observateurs, l'opération de camouflage conduite par François Hollande à l'occasion de l'entrée au Panthéon de Pierre Brossolette, Geneviève De Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay.

Comment un homme qui, élu sur la promesse d'un changement politique radical, s'est immédiatement soumis servilement, dans tous les domaines (économique, idéologique, diplomatique, historiographique, etc.), à l'ordre du temps, peut-il oser se réclamer de l'esprit de Résistance ?

RHEA estime pareille récupération inacceptable, voire scandaleuse puisque, si la trahison de la plupart de ses engagements de campagne par François Hollande est inadmissible d'un point de vue démocratique et républicain, tenter de masquer cette trahison en usurpant le prestige de héros défunts, authentiques résistants et défenseurs jusqu'au sacrifice suprême de la République, relève de l'imposture et ajoute la trahison à la trahison.

RHEA dénonce l'indigence crasse du discours de François Hollande, mélange de truismes et de platitudes, mais aussi sa propagande mensongère, notamment quant à l'Histoire coloniale et l'indépendance algérienne. 



Ainsi, François Hollande s'est permis d'insulter la mémoire de Germaine Tillion, en la faisant passer pour une partisane de l'indépendance algérienne, indépendance organisée en réalité au prix d'une forfaiture vastement criminelle par Charles de Gaulle, alors que Germaine Tillion s'est battue pour une solution pacifique en Algérie, fondée non sur l'indépendance mais sur l'instauration de l'égalité politique et la justice sociale en faveur de tous les Algériens, quels qu'ils fussent.

Comme le rappelait récemment dans L'Obs Jean Daniel, qui vécut au plus près cette époque :

"Trois ans après le déclenchement de l’insurrection, elle [Germaine Tillion] publie un livre sur L'Algérie en 1957. Camus, qui vient de proposer une «trêve pour les civils» avec la caution discrète du FLN, estime que c’est le seul livre fidèle à la situation algérienne et il va en préfacer la traduction américaine. Ce livre va être douloureusement mais sévèrement critiqué par Jean Amrouche et Pierre Nora.

En fait, Germaine Tillion reste fidèle à une école de pensée qui a bel et bien existé, quoi qu’en disent ceux qui prétendent aujourd’hui reconstituer l’histoire : celle qui a conduit, lorsqu’ils étaient jeunes, Ferhat Abbas et ses amis, les écrivains Jean Amrouche et Mouloud Feraoun – bien avant Albert Camus et Jacques Derrida –, à soutenir qu’il valait mieux lutter pour l’égalité et la dignité avec le peuple français que se chercher artificiellement une patrie."

RHEA souligne qu'en perpétuant les mensonges de l'idéologie de la séparation, mensonges en vigueur depuis plus d'un demi-siècle sous la Ve République, François Hollande contribue à dresser les Français les uns contre les autres, et continue d'alimenter la machine à haine qui prospère notamment dans les banlieues françaises. RHEA estime que ce sont là des comportements irresponsables et indignes d'un chef de l'Etat.

RHEA exige que François Hollande, au lieu de se payer de mots, au lieu de tenter de redorer artificiellement, et à bon compte, son blason sur le dos de héros disparus qui ne peuvent protester contre ses manigances, cesse de mentir et lance enfin, dans les actes, une politique de fraternité en direction de l'Afrique et de nos anciens compatriotes africains que Charles de Gaulle a mis, voilà cinquante ans, au ban de la République. 

Car seule une grande politique de fraternité avec l'Afrique (politique axée d'abord sur l'école et la santé pour tous, ainsi que sur les infrastructures nécessaires à ce projet) permettra de réparer les crimes d'un colonialisme auquel on ne saurait, au demeurant, réduire la vaste, complexe et contrastée Histoire de la colonisation française, contrairement à ce que laisse régulièrement accroire François Hollande en amalgamant colonisation et colonialisme.

RHEA tient à rendre hommage à Pierre Brossolette, Geneviève De Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillion et Jean Zay, et déplore que leur entrée au Panthéon ait eu lieu sous des auspices aussi lamentables.

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